Pendant les années 1980, les placements écologiques étaient encore un sujet tabou pour les investisseurs privilégiant le rendement. Ils étaient donc d'autant plus appréciés dans les milieux alternatifs de gauche, où l'on acceptait d'obtenir des rendements moins importants afin de soulager sa conscience. Ces temps sont désormais révolus, les placements durables se sont libérés de leur carcan idéologique et sont accessibles à un plus large public. Il suffit de jeter un œil sur la gamme de plus en plus variée de ce type de placements. Nombreux sont maintenant les gérants de fonds et les entreprises qui fondent leur stratégie sur des critères non seulement économiques, mais aussi écologiques et sociaux. Les résultats sont tout à fait positifs, du moins à long terme, ce dont profitent à leur tour les investisseurs qui misent sur ce genre d'entreprises et de fonds.
Encore loin de ce stade, il apparaît tout de même que la Tunisie par l’instauration d’une législation environnementale, exerce depuis quelques années de plus fortes pressions écologiques sur les entreprises. Cette politique s'est concrétisée par la création de certaines institutions spécialisées et la mise en place d'une réglementation environnementale à la fois contraignante, incitative et répressive. Cependant, la plupart des entreprises accordent encore peu d’importance au facteur environnemental et ne le prennent pas en considération dans leurs processus de gestion quotidienne. Le facteur humain qui constitue aussi un élément de la gestion environnementale, n’occupe pas la place qui lui revient dans la plupart des entreprises. Quant aux organismes financiers, leur présence sur la sellette sociétale est quasiment inexistante et ne jouent aucun rôle sociétal auprès des entreprises dans leur incitation à promouvoir des actions sociales et environnementales. De plus, les entreprises tunisiennes se sont même vues refuser des prêts d’investissement dans des installations écologiques et mieux responsables en matière environnementale, faute de rentabilité financière jugée incertaine.
En effet, malgré les avantages fiscaux et les subventions accordées par l’Etat, les entreprises tunisiennes se heurtent à un problème de financement dans leurs actions sociétales et notamment environnementales. Les organismes financiers privés (banques et sociétés de leasing) n’ont pas joué un rôle déterminant dans le financement des actions écologiques. Certes, le FOCRED (crédit bancaire bonifié) constitue un crédit bancaire, mais il est accordé aux entreprises sous certaines conditions. La nécessité, de créer donc un fonds d’investissement vert privé destiné à ces entreprises, devient une alternative pressante à mettre en avant, afin qu’elles puissent trouver le financement nécessaire pour leurs actions vertes. La majorité des études sur le sujet parviennent à la conclusion qu'à long terme, la performance économique des investissements verts sélectionnés en fonction de critères de durabilité est au moins aussi bonne que celle du marché, pour autant que l'univers de placement ne soit pas excessivement restreint par des critères d'exclusion.

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